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C'est dans ce charbonnage qu'eut lieu la plus grave catastrophe minière de Belgique.

Le 8 août 1956, un incendie fit 262 victimes (dont 136 Italiens, 95 Belges, 8 Polonais, 6 Grecs, 5 Allemands, 3 Hongrois, 3 Algériens, 2 Français, 1 Anglais, 1 Néerlandais, 1 Russe et 1 Ukrainien) sur les 274 hommes présents dans la mine.

Le puits St-Charles de la SA des Charbonnages du Bois du Cazier était une concession de plus de 875 ha sous Marcinelle, Couillet, Loverval et Gerpinnes. L'entreprise occupait alors 700 travailleurs de fond et de surface, l'extraction du charbon se répartissant en trois postes journaliers.

À l'époque, l'Italie échange de la main-d'œuvre contre du charbon. En 1956, 47 000 Italiens travaillent dans les mines de Belgique, constituant à eux seuls plus de 30% des mineurs du pays et plus de 50% de ceux de la région de Charleroi.

Actuellement, la mine est un musée consacré à la catastrophe ainsi qu'à l'histoire de la région à travers la révolution industrielle et bien sûr aux charbonnages en général.

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Vue satellite du site


Le Bois du Cazier devient musée

ISABELLE ISTASSE

    Mis en ligne le 10/03/2002

Le site de Marcinelle renaît de ses cendres et devient un lieu de souvenir ouvert au public dès ce mardi pour le plus grand bonheur des mineurs

 

Lorsqu'un musée voit le jour, l'événement est de taille. A Marcinelle, les habitants attendaient avec impatience l'ouverture du Site du Bois du Cazier, devenu, après quelques dizaines d'années d'abandon, un musée dédié à l'industrie et au souvenir d'un événement qui marqua les consciences. Dès mardi, vous aurez la possibilité de visiter ce lieu à haute valeur symbolique et émotionnelle puisque c'est là qu'eut lieu la tragédie de Marcinelle en 1956.

UNE TRAGÉDIE HUMAINE

Trois ensembles de bâtiments aux frontons imposants se présentent au regard dès le passage de la grille. A l'arrivée, se dressent les deux châssis à molettes et la tour Foraki. Les bâtiments de gauche abritent l'espace `8 août 1956´, date phare dans la mémoire des travailleurs, des Marcinellois mais aussi de la Belgique entière. Ce jour-là, 262 hommes, dont 136 Italiens issus de l'immigration périrent dans les galeries du site à cause d'une erreur fatale. Chaque visiteur ne peut s'empêcher - et ce fut surtout le cas ce week-end puisque les Marcinellois étaient invités à visiter le site gratuitement - de frémir à l'idée que des centaines d'hommes se sont retrouvés prisonniers dans un piège brûlant.

Des délégations italiennes, des sauveteurs, des rescapés ont défilé ce week-end sur le site en pensant avec émotion à tous ceux qui y perdirent la vie. Nombre d'entre eux n'ont pu éviter de verser une larme comme s'ils revivaient la catastrophe. Et de comparer la tragédie à un naufrage, lorsque c'est le branle-bas de combat parce que tout le monde agit dans l'urgence et dans le dépouillement matériel.

Le site existe encore, en outre, pour démontrer que le gouvernement de l'époque n'a pas réussi sa politique d'immigration en négligeant les forces humaines qu'il avait attirées parfois sans scrupule. Le Bois du Cazier est revenu à la vie pour rendre hommage à tous ces hommes qui ont travaillé souvent pour des salaires de misère.

L'AVENIR RENCONTRE LE PASSÉ

Mais le site comporte d'autres aspects dont la création d'un musée de l'Industrie qui se fond presqu'en passant inaperçu dans l'écrasante grandeur des chevalements qui nous narguent au loin. Celui-ci s'attache à montrer comment la région de Charleroi a été fortement influencée - comme ailleurs - par la Révolution industrielle du XIXe

siècle. Grâce à des démonstrations diverses - un imprimeur est sur place, les mains pleines d'encre - et à un audio-guide qui permet de circuler librement dans le musée, on pourra y découvrir plusieurs secteurs manifestement en expansion à l'époque et dont le développement aura des répercussions sur l'économie et la vie en général. On peut cependant reprocher une trop grande dispersion des sujets qui n'offrent pas une approche très didactique et une exploitation des bâtiments mêmes qui occultent quelque peu l'origine première de cet ensemble. Le visiteur pourra quand même découvrir quelques traces de ce passé qui hante les lieux. Dans la `Salle des Pendus´ qui sert aussi de hall d'accueil, on y a conservé les monte-habits suspendus au plafond. Les douches dont se servaient les ingénieurs des mines ont été restaurées.

Même si la scénographie n'est pas parfaite et que le musée doit encore `faire sa maladie´, il a le mérite d'être dirigé par des professionnels dynamiques et motivés. Le musée, qui comporte également un centre de documentation - d'ailleurs à la recherche d'archives -, sera axé entre autres sur les enfants qui auront droit à leurs propres parcours thématiques.

Enfin, d'autres expositions temporaires se tiendront dans le `Forum´ qui sera inauguré officiellement dans le courant de l'année.

Des spectacles pourront s'y tenir. Il est d'ailleurs prévu que Frédéric Flamand y présente son nouveau spectacle de danse à l'occasion des Journées du Patrimoine les 13, 14 et 15 septembre 2002.

`Le Bois du Cazier´, L'espace `8 août 1956´ et le Musée de l'Industrie, rue du Cazier, 80 à Marcinelle. Tél. 071/88.08.56.

Web http://www.leboisducazier.be. Le musée est ouvert à partir de ce mardi 12 mars, tous les jours sauf le lundi et les jours fériés de 9 h 00 à 17 h 00. Le centre de documentation est ouvert du mardi au vendredi de 9 h 00 à 12 h 00 et de13 h 00 à 16 h 00 sur rendez-vous. Prix: de 3 à 5 € suivant les catégories. L'accès au lieu du souvenir est libre.

© La Libre Belgique 2002


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Entrée du site avec la tour Foraki, 2004.
Foraki
Les installations de la Tour Foraky en 1992, photo http://www.hfinster.de/

Vendredi 16 avril 2004, 10h12, la tour Foraky vit ses derniers instants...Carolo.be était présent et vous propose les dernières photos de l’édifice...

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Quel dommage...
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Marcinelle - Au Bois du Cazier, la démolition de la tour Foraky a démarré jeudi Sur le chemin de la requalification

ALBIN,DIDIER

Samedi 17 avril 2004

 

Marcinelle - Au Bois du Cazier, la démolition de la tour Foraky a démarré jeudi

Sur le chemin de la requalification

* 8,5 millions d'euros, financés pour moitié par l'Europe. L'ancien charbonnage sera lieu de mémoire, et de culture. Renouveau prévu à l'horizon 2005.

Près de deux ans après l'approbation de nouvelles fiches d'aménagement et d'équipement dans le cadre du Phasing Out de l'Objectif 1, le gouvernement wallon désignait en décembre dernier l'entreprise De Cock pour l'exécution de la deuxième phase de requalification du site du Bois du Cazier à Marcinelle. Un programme d'un montant de 8,5 millions d'euros, financé par l'Europe à concurrence de 50 %. Il a pris cours voici deux mois pour une durée de 315 jours.

La démolition de la tour Foraky, qui a commencé jeudi, en est l'élément le plus passionnel : Elle devrait s'étaler sur trois ou quatre semaines, selon l'architecte Xavier Berto. À ceux qui en défendaient le maintien, le directeur du site oppose les arguments de la raison et du bon sens économique. Jean-Louis Delaet rappelle que la requalification coûtait les yeux de la tête, selon les estimations, la sécurisation aurait consommé à elle seule plus de 20 % de l'enveloppe. Une dépense que rien ne justifiait puisque, parmi les activités identifiées, aucune ne convenait à la tour. En l'absence de projet, il fallait se résoudre à l'abattre, observe-t-il en rappelant que le conseil d'administration de l'ASBL de gestion s'était prononcé à l'unanimité dans ce sens.

La deuxième phase comporte cinq chantiers, que l'entrepreneur devra impérativement finir pour le 31 décembre prochain. Les anciens mineurs se montreront particulièrement attentifs au traitement de l'ancienne recette qui relie les deux châssis à molettes. Il s'agit d'en faire un mémorial aux victimes du 8 août 1956 dans le souci de l'intégrité historique et technique, c'est-à-dire en maintenant un maximum d'éléments d'origine.

Il est ainsi prévu de replacer des mécanismes de translation des cages aux premier et second niveaux. Le rez-de-chaussée sera scénographié. Son inauguration n'interviendrait que dans le cadre des cérémonies de célébration du cinquantième anniversaire de la catastrophe.

L'achèvement du transfert des réserves du Musée de l'industrie nécessite la construction de 900 mètres carrés de réserves qui accueilleront 200 pièces d'archéologie industrielle toujours conservées dans l'ancien atelier des Forges de la Providence à Marchienne.

Il y a aussi le déplacement des collections du Musée du verre dont l'arrivée à Marcinelle fera du Bois du Cazier un site patrimonial dédicacé aux produits qui ont assuré la prospérité et le rayonnement de Charleroi dans le monde. L'inauguration est prévue pour mai ou juin 2005. C'est la même année que seront ouverts les « ateliers vivants » (fonderie, forges, soufflage du verre) avec des animations sur les anciens métiers du fer, du verre et du charbon.

Cinquième et dernier volet de la deuxième phase de requalification : l'achèvement de l'équipement des espaces d'accueil du Cazier avec billetterie, boutique, cafétéria et restaurant. Elles seront situées dans un bloc d'anciens entrepôts del'entrée où devraient passer quelque 50.000 visiteurs par an, selon les prévisions.

Pour compléter le programme, la Région wallonne a voté l'aménagement du domaine boisé et de ses trois terrils, sur une superficie de 25 hectares. Cette troisième phase, qui représente un investissement de 500.000 euros, comporte la création de promenades, de parcours botaniques, d'un observatoire du paysage et d'un théâtre de verdure, d'espaces de jeux et de convivialité. Cette exécution confiée au bureau d'architecture Dore & Sobczack doit être effective pour la fin de 2005.

Enfin, le conseil d'administration de l'ASBL de gestion défend le projet de construction d'un nouveau bâtiment de 1.800 mètres carrés. Il comprendrait un espace muséal Destrée-Pastur dédié aux grands hommes de Charleroi, avec son dispositif multimédia pour rendre le contenu attractif, un centre de documentation et d'archives, une salle polyvalente de rencontre et un auditorium. L'étude de cette quatrième phase est en cours, indique Jean-Louis Delaet, qui en préconise la réalisation à l'horizon 2006 ou 2007.


Photos actuelles

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Bureaux.

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Loge de garde.

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Grille d'entrée célèbre. Au dessus l'inscription BdC (Bois du Cazier).

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Lustre dans la salle d'accueil.

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Galerie reconstituée.

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Machine d'extraction à bobines du puits de service.

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Commande de la machine remises en lumière.

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Jeton des mineurs laissés au fond pour toujours.

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Horloge bloquée à l'heure de la Catastrophe.

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Accrochage du puits de service.

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Accrochage puits d'extraction.

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Panneau de commandes au puits.

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Compresseur.

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Ventilateur.

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Tableaux.

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Puits de Service.

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Puits d'extraction.

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Mémorial aux mineurs morts lors de la Catastrophe.

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Molette sauvée lors de la démolition du châssis n°19 de Monceau-Fontaine.

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Vestiaires des Porions.

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Collection de lampes.